Restauration et restitution de décors peints,
faux bois, faux marbres ou trompe l’œil :
des reprises partielles ou retouches sont toujours possibles pour réhabiliter des décors altérés.

Que ce soit sur nos décors ou non, il est de plus en plus fréquent que l’on fasse appel à notre atelier pour la  restauration et restitution de décors peints  de faux bois ou de faux marbres ,de meubles peints, des retouches sur des décors de trompe l’œil suite à dégâts des eaux, dégâts accidentels, ou sur des décors anciens endommagés, intervention délicate qui nécessite de l’expérience, tant au niveau des couleurs que de la copie. Il faut en effet restituer les tons, l’aspect du décor, et le cas échéant, imiter la « main » du peintre pour que les retouches, reprises partielles ou en totalité, s’intègrent harmonieusement.

La restauration ou restitution de décors peints, partie intégrante du métier de peintre décorateur, est aussi très instructive, puisqu’elle permet d’analyser et d’appréhender la technique et l’univers d’un autre décorateur ; ce qui ne lasse pas de nous passionner. Nous sommes donc enchantés de ce que les commandes ne cessent d’affluer.

Ci-dessous, quelques unes de nos réalisations de restauration :

 

  Pour des particuliers, des décorateurs, des architectes d’intérieur, comme pour des conducteurs de travaux,
l’atelier Joëlle Godefroid et Bernard Barbier restitue et restaure les décors peints,
dans des appartements, des immeubles, des maisons ou hôtels particuliers, mais aussi dans des sites classés.
Toutes les restaurations et retouches des décors sont réalisés par nos soins sans sous-traitance.


Quelle est la différence entre restauration et restitution de décors peints ?

En restauration, les décors peints sont conservés. Ils sont nettoyés en conservation et retouchés aux endroits endommagés, généralement à minima, de manière à retrouver un bel aspect d’ensemble, et revernis pour les protéger dans le long terme.
En restitution, le décor peint est recopié à l’identique sur tout ou partie, en fonction de l’importance des dégâts; c’est à dire que sur la (ou les) partie(s) reprise(s), le processus est alors refait, des préparations en peintures au vernis final.

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Une restauration prestigieuse :

La nouvelle galerie des Glaces
Entièrement restaurée pour la première fois depuis sa création, il y a plus de trois siècles, la galerie des Glaces dévoile son nouveau visage. Visite en avant-première, au terme d’une aventure exceptionnelle. 

La plus célèbre galerie du monde va enfin pouvoir se regarder dans la glace! Ou plutôt dans ses glaces: 357 miroirs anciens d’une valeur inestimable qui, depuis plus de trois siècles, reflètent les grandes heures de l’histoire de France. Mais qui renvoyaient aussi à ces lieux illustres, depuis quelques décennies, l’image de leur délabrement. 

Le 25 juin prochain, donc, sera inaugurée une galerie des Glaces flambant neuve, restaurée du sol au plafond pour la première fois depuis sa création. 12 millions d’euros, une année d’études préliminaires, trois autres de travaux, une quarantaine d’entreprises hautement spécialisées et un mécénat hors du commun tout, ici, aura relevé de l’exploit, d’autant que l’Etat exigeait que la galerie restât ouverte au public durant les travaux. «Cette restauration était si emblématique et si exigeante qu’au début certains ouvriers n’osaient pas parler à voix haute sous les voûtes de Le Brun», raconte Nicolas Chiri, le responsable de la mise en lumière. Du miroitier aux peintres, en passant par les doreurs, les marbriers, les menuisiers, les maçons, les électriciens, les architectes, tous ou presque confirment qu’il s’agissait là du chantier de leur vie. Celui qu’ils n’avaient pas le droit de rater. 

Des peintures ternies…

par les bougies.
Pour mesurer l’importance de ce défi, il faut d’abord comprendre l’esprit du lieu. Construite en six ans, de 1678 à 1684 – la galerie des Glaces, reliant les appartements du roi à ceux de la reine, était conçue comme une sorte de décor de théâtre destiné à mettre en scène la gloire de Louis XIV et le «génie français». Par sa richesse, sa taille et son faste, elle devait susciter l’admiration du monde entier. Et s’imposer comme une oeuvre inimitable, unique en son genre. Unique pour ses miroirs placés face à de hautes portes-fenêtres de manière que la galerie, reflétant les jardins du château, ait l’allure d’une terrasse couverte, idée neuve à une époque où l’on maîtrisait encore mal les techniques de la miroiterie. Unique pour ses 1 000 mètres carrés de voûte peints par Le Brun et ses élèves, où l’on découvre la marche du roi vers la paix au cours des dix-sept premières années de son règne. Unique, aussi, pour la qualité et l’audace de ses trompe-l’?il, pour ses 73 mètres de longueur, ses 1 100 mètres carrés de marbres et ses décorations ayant nécessité quelque 400 000 feuilles d’or. Unique, enfin, parce qu’elle inaugure, à sa manière, un certain classicisme à la française, où l’on n’hésite pas à représenter Louis XIV et sa famille en héros antiques. 

Certes, les marbres blancs viennent d’Italie, tout comme la technique de la quadratura (simulation, sur les murs, à l’aide de la perspective, de décors scéniques qui prolongent artificiellement l’espace) ou encore le secret de la fabrication des miroirs, volé à Murano. Et pourtant, cette galerie, dont les travaux sont supervisés par Colbert, se veut une vitrine de la France. Les marbres de couleur ont été rapportés des Pyrénées ou du Hainaut, les miroirs ont été fabriqués à Tourlaville, près de Cherbourg. Les artistes aussi sont français, tout comme les chapiteaux, ornés de plumes de coq gaulois en lieu et place des traditionnelles feuilles d’acanthe. 

Dès ses débuts, cette pièce démesurée, éclairée par plusieurs dizaines de lustres en cristal, a souffert du suif des bougies qui ternissait les peintures, puis des altérations dues au temps, à la foule, aux infiltrations d’eau et… aux restaurations successives. Dès 1752, il faut refixer certaines toiles qui se détachent de la voûte. Après 1789, les révolutionnaires s’attaquent aux corniches et aux sculptures afin d’en ôter les fleurs de lys, les couronnes et tout ce qui peut rappeler l’Ancien Régime. Louis XVIII s’empresse de rétablir ces décors lorsqu’il arrive au pouvoir, mais pas toujours d’après les oeuvres originales. Les toiles sont aussi déposées pour restauration – ce qui ne manque pas de les abîmer – et repeintes par endroits, sans la finesse de Le Brun, dont on a, à jamais, perdu la technique. «Comme le reste du château, la galerie des Glaces est un mille-feuille historique, une série de couches superposées retraçant les interventions à diverses époques successives», explique Pétronille Eynaud de Faÿ, qui a coordonné l’ensemble du chantier. 

Résister à la tentation des «imitations»

Sous le contrôle souverain des 20 experts du comité scientifique, il a donc fallu, après de multiples sondages, nettoyages, tests, prélèvements et études de documents d’époque, distinguer l’état original des repeints. Et prendre des décisions. Cinzia Pasquali, qui dirige le groupement des Restaurateurs associés, explique: «Nous intervenons le moins possible, nous n’appliquons que des produits réversibles et préservons, a priori, le dernier état historique connu, les tentatives de retour à l’origine étant souvent hasardeuses.» Si ces principes sont clairs, tout l’art consiste ensuite à harmoniser les différents états, afin de garder une cohérence à la galerie. Et à essayer de conserver, autant que possible, les ?uvres d’origine, tout en résistant à la tentation de faire des imitations du 17e siècle. 

Cela a ainsi engendré quelques débats passionnés au sein du comité scientifique, en particulier à propos des «couronnes des métopes» (les décors de frise). Celles d’origine, en stuc doré, ont été détruites par les sans-culottes et, au 19e siècle, remplacées par d’autres, fort différentes, en papier mâché. «Nous avions les dessins des couronnes du 17e siècle, mais nous n’allions pas en réaliser des copies qui auraient été des faux du… 21e siècle!» insiste Cinzia Pasquali. La décision de réhabiliter les oculi (ouvertures de forme circulaire) qui, côté jardins, venaient jadis éclairer la voûte de Le Brun a, elle, été prise à la quasi-unanimité. En l’absence de certitude historique ou scientifique, c’est la cohérence esthétique qui prime. L’entablement était-il peint en blanc ou en faux marbre? Dans le doute, le conseil optera dans sa majorité pour le faux marbre, qui se marie mieux avec l’ensemble. 

Les finitions du XVIIe étaient grossières

Au final, en ce qui concerne les peintures, celles sur enduit sont pour la moitié seulement d’origine, le reste datant du xixe. Les toiles, en revanche, patiemment décapées et restaurées, ont retrouvé pour la plupart leur état et surtout leur éclat du 17e siècle, dû en particulier au bleu lapis-lazuli omniprésent, qui confère toute sa beauté et sa légèreté à la galerie rénovée. «C’est la grande surprise de cette restauration, explique Pétronille Eynaud de Faÿ. Nous ignorions la présence massive de ce pigment minéral inaltérable, très rare et très cher, qui était caché sous les couches de crasse.» L’autre surprise des restaurateurs – mauvaise, cette fois – aura été de constater l’état de délabrement avancé de la galerie, qui n’avait été ni dépoussiérée ni expertisée depuis un demi-siècle. Bref, il était temps d’agir! 

Reflets d’époque

Comme son nom l’indique, la galerie des Glaces est originale en raison de ses 220 mètres carrés de miroirs anciens. Avant 1678, en effet, personne n’avait imaginé en utiliser sur une telle surface.
 D’abord, parce que le verre était soufflé et non coulé, ce qui interdisait la création de grands miroirs. Ensuite, parce que ceux-ci, du fait de leur prix exorbitant, représentaient un luxe inouï. Les secrets de fabrication venaient d’Italie et ne se transmettaient, en principe, que de père en fils ou de maître à disciple.
 «Aujourd’hui, explique le miroitier Vincent Guerre, personne ne saurait reproduire ces oeuvres, dont le charme tient d’abord à… leurs défauts. Nous avons perdu la technique du soufflage et de l’étamage pour de tels objets très épais; nous n’utilisons plus le bois ni les algues qui servaient à chauffer les fours. Enfin, il est depuis longtemps interdit de fabriquer des miroirs au mercure! D’ailleurs, même si l’on y parvenait, il manquerait encore l’inimitable patine du temps.» Bref, pour remplacer les 30 mètres carrés de miroirs cassés, fendus ou carrément pas d’époque, Vincent Guerre a dû aller puiser dans son stock de matériaux anciens. Et dans celui du Sénat.
 «De tels miroirs ne se réparent pas, ajoute -t-il. Soit on les garde, soit on les change. Toute la difficulté tient dans la manipulation et la découpe du verre. Sur ce chantier, je n’ai cassé qu’une glace. Le dernier jour, évidemment!»
 Cinzia Pasquali aussi a été très étonnée en découvrant l’envers du royal décor de constater la grossièreté des finitions du 17e siècle. «Tout ce qui ne se voit pas n’est ni doré ni fini, pas même enduit, constate la restauratrice. On a également retrouvé des gravats que personne ne s’était donné le mal d’évacuer!» En ce sens-là aussi, la galerie est un décor de théâtre. Tout pour l’apparence!
 Durant ces trois années passées le nez sur la voûte, à vivre parmi les angelots, les nuages et les guerriers peints, les restaurateurs ont pu, en revanche, apprécier la qualité des trompe-l’?il. «De près, on a l’impression que le travail est maladroit, poursuit Cinzia Pasquali. En fait, les artistes déformaient leurs dessins en raison de la perspective. Vus d’en bas, ils sont parfaits.» On imagine ainsi l’angoisse lorsque les échafaudages furent déposés. «C’était l’heure de vérité, explique Frédéric Didier, architecte en chef des Monuments historiques.
Enfin, on allait savoir si les tons des peintures décapées s’harmonisaient entre eux, si les dorures n’étaient pas trop clinquantes ou disparates. Et, miracle, à quelques détails près, tout fonctionne.» Tout fonctionne même si bien que, le 30 avril, lors d’une ultime réunion, le comité scientifique a applaudi. Seul bémol de Pierre Arizzoli-Clémentel, président de ce comité: «Maintenant, les grands appartements semblent bien ternes, comparés à la galerie!» A bon entendeur… 

Mécène et chef de chantier

La restauration de la galerie des Glaces est à ce jour le plus important mécénat culturel jamais réalisé en France. Et aussi le plus innovant. Lorsqu’en 2003 Vinci décide d’investir 12 millions d’euros dans ce grand chantier, le géant du BTP sait qu’il prend des risques. D’abord, parce qu’il n’a pas le droit à l’erreur sur l’un des sites les plus visités du monde. Ensuite, parce que, dans le cadre de ce que l’on appelle un mécénat de compétence, l’entreprise n’a fourni que 5 millions en argent, le reste provenant de son savoir-faire en matière de patrimoine.
Ainsi, opération inédite en France, l’établissement public de Versailles a-t-il délégué la maîtrise d’ouvrage des travaux à cette société privée, qui a passé elle-même les appels d’offres, sous le contrôle du comité scientifique, du comité de pilotage, du comité de suivi et, en particulier, de Frédéric Didier, architecte en chef des Monuments historiques.
 Le chantier a été divisé en une dizaine de lots. Vinci ou ses filiales ont donc assumé directement ce qui relevait de leur secteur de compétences – l’électricité, les marbres, les bronzes, la maçonnerie, les échafaudages, la sécurité, la coordination, etc. – tandis que les Restaurateurs associés de Cinzia Pasquali s’occupaient plus spécifiquement des peintures et des dorures.
 «C’était le chantier de tous les dangers», explique Pierre Coppey, directeur général adjoint de Vinci. Il a fallu en effet coordonner l’ensemble de ces corps de métier très spécialisés, entretenir un dialogue constructif avec l’administration, créer un esprit d’équipe sur le site et… avancer en tenant les budgets et les délais. Tout cela, bien sûr, en réalisant un travail irréprochable. Pétronille Eynaud de Faÿ, la coordonnatrice, a su, avec Franck Lebreuil, chargé de la sécurité, et Cinzia Pasquali, qui soignait les états d’âme de ce petit monde à coups de foie gras, créer une véritable dynamique, déjà amorcée par la magie des lieux et l’ampleur du défi.
 Le fait de se retrouver chaque jour, durant trois ans, sur ce chantier hermétiquement clos, construit au niveau de la voûte et des murs de la galerie, a aussi contribué à souder les équipes. Et facilité leur travail, puisque le public ne voyait rien des travaux en cours. La galerie ayant été restaurée en deux temps, les 3,5 millions de visiteurs annuels ont pu admirer la partie nord quand la partie sud était en chantier et vice versa.
Aujourd’hui, la galerie leur est rendue en entier. Plus belle que jamais.*
 Par Olivier Le Naire dans L’Express du 6 juin 2007

 

 

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