CHINOISERIES,  ou  ‘L’EXOTISME ORIENTAL’
Par J. Godefroid, d’après l’art décoratif en Europe (Citadelles et Mazenod)

Exemples de Chinoiseries sur boiseries, papiers peints ou objets (photos d’emprunt)


Depuis l’antiquité, l’attirance des occidentaux pour l’art et l’artisanat oriental –laques, tapis et tissus- ont fait la fortune des marchands. Dès le moyen âge, importés par la route de la soie, les produits sont rares et chers, et donc réservés à une élite privilégiée ; ils n’en ont pas moins un incomparable succès. Tant et si bien qu’à partir du XVe siècle, grâce aux transports maritimes, importés, ils le sont en quantité et deviennent un peu plus accessibles.

Ces marchandises exotiques transmettent un répertoire iconographique si délicieux, épicé de récits si merveilleux et extravagants, qu’elles enflamment et nourrissent l’imagination occidentale. D’autant que le coût et la difficulté d’acheminement des premiers temps, mais surtout la méconnaissance des pays d’orient ont conduit, par la confusion entre l’extrême Asie, la Turquie, les Ottomans, et l’Inde, à mêler et confondre leurs différents motifs ornementaux en un grand tout, riche et foisonnant, appelé ‘exotique’.

C’est à partir du XVIIIe siècle, grâce à l’invention du fameux vernis Martin permettant de copier les laques à moindre coût, que s’est répandu à travers toute l’Europe, le décor peint en chinoiserie, sur les boiseries comme sur mobiliers ou sur toutes sortes d’objets plus ou moins précieux, avec d’infinies variations (voir les ‘Grandes singeries de Chantilly), pour se ‘démocratiser’ plus tard. Ces décors peints, inspirés très librement des œuvres venues d’orient, sont composés de séduisants paradis exotiques, de fleurs et de fruits, d’animaux étranges, d’oiseaux merveilleux, de personnages courtois, insouciants, aux manières raffinées. Décor dont  l’originalité tient à un exotisme extraordinairement fantaisiste et fécond, et dont le succès s’est étendu jusqu’à nos jours, des soieries aux mobiliers, dans tous les domaines des arts décoratifs des grands styles européens.

Ainsi donc, on pourrait dire que le terme d’ « Exotisme Oriental » serait sûrement plus exact que celui de
« Chinoiserie », qui a une connotation péjorative d’exotisme de pacotille.


Permettez-moi, si vous l’aviez ratée (quel dommage), de vous renvoyer aux photos et historiques passionnants des catalogues de la merveilleuse exposition sur les chinoiseries, qui a eu lieu en 2014 au musée des arts décoratifs :
http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/bibliotheque/expositions/archives/la-chine-des-ornemanistes-gravures-3367

 http://www.musebaroque.fr/vernis-martin-arts-decoratifs/
http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/musees/musee-nissim-de-camondo/actualites/archives-986/parcours-1090/le-vernis-martin-au-musee-nissim
http://www.attelage-patrimoine.com/2014/04/les-secrets-de-la-laque-francaise-aux-arts-decoratifs.html
…et si vous êtes encore curieux, pour les magnifiques objets présentés, et les textes instructifs : http://www.alaintruong.com/archives/2014/02/13/29200212.html