Décor peint de style pompéien, de deux tons ocres, avec listels et filets verts, dans une salle de bain d’un hôtel particulier

DÉCOR PEINT: Dans une salle de bain d'un grand hôtel particulier décor de patines aux tons et aspects Pompéiens - détail du travail en cours
DÉCOR PEINT: Dans une salle de bain d'un grand hôtel particulier décor de patines aux tons et aspects Pompéiens - détail du travail en cours

Pour ce décor peint de style pompéien, les portes et fenêtres restent à peindre, et tous les éléments de la salle de bain sont à poser.
Suite du reportage à suivre dès que possible.

Le style pompéien

Le style pompéien a été découvert aux XVIIIe et XIXe siècles, lors des fouilles de Pompéi et des sites apparentés d’Herculanum, de Stabies et d’Oplontis mettant au jour un grand nombre de fresques, d’une période qui couvre du IIIème siècle à l’année 79. L’archéologue allemand August Mau (1840-1909) répartit, en 1882, les peintures pompéiennes selon des catégories formelles et chronologiques, au nombre de quatre, qu’il nomme « style ».

Outre les centaines de fresques découvertes, Auguste  Mau pouvait s’appuyer sur le traité De architectura de Vitruve (livre VII), qui donne une description précise de l’évolution de la peinture romaine, de ses origines jusqu’au début du règne d’Auguste, à qui il dédia son ouvrage, soit les premier et deuxième styles identifiés par Mau.

Le système normatif de Mau fut discuté et affiné par ses successeurs, dont Amedeo Maiuri, surintendant du site de Pompéi de 1924 à 1961. Les coupures chronologiques d’un style à l’autre demeurent des sujets de discordes : passe-t-on du deuxième au troisième style aux environs de l’ère chrétienne ou de la mort d’Auguste en 14 ? Le quatrième style commence-t-il à la fin du règne de Tibère vers 37, sous Claude (41-54) ou après le tremblement de terre de 62 qui secoua Pompéi5?

La classification selon ces quatre styles constitue encore de nos jours une référence commode que l’on a étendue au-delà du périmètre de Pompéi, pour qualifier les fresques trouvées à Rome, notamment dans la maison d’Auguste et la Domus aurea de Néron, et dans le reste de l’Empire romain.

Premier style

Le premier style, qui apparaît au IIe siècle av. J.-C., est aussi appelé « style à incrustation ». Dépourvu d’éléments figuratifs il a pour origine le monde hellénistique oriental et ses décorations en grandes dalles de marbre dont il reproduit les éléments.

Le décor peint de style pompéien, en relief, est réalisé en stuc polychrome imitant les marbres de couleurs. La paroi, divisée en trois parties horizontales et verticales, respecte une tripartition stricte. La partie inférieure présente un socle reposant sur une plinthe jaune, imitant le bois, séparé de la partie médiane par un bandeau. Cette dernière est composée de grands panneaux en relief appelés orthostates, séparés par des panneaux plus étroits : les lésènes. Au-dessus des orthostates et des lésènes, une assise de carreaux et boutisses (alternance de blocs larges et de blocs étroits). La partie supérieure, quant à elle, représente une corniche en stuc à très forte projection, de style ionique (atrium de la maison samnite) ou imitant un temple tétrastyle (fauces de la maison du Faune).

Ce premier style, qui avait déjà trois siècles lors de l’éruption du Vésuve en 79, n’est connu que par un petit nombre de maisons campaniennes. Il est aussi connu par les écrits de Vitruve qui décrit ainsi cette première décoration : « Les anciens, qui firent les premières peintures sur les enduits, imitèrent les différentes bigarrures du marbre, et firent ensuite des compartiments variés, traçant des figures rondes et triangulaires en jaune et en rouge. »

Exemples : atrium de la maison de Salluste, premier péristyle de maison du Faune, maison du Centaure.