Joëlle Godefroid Meilleur Ouvrier de France

Décor peint en France

Le Château d’Ancy-le Franc abrite l’une des plus belles collections de peintures murales des XVIe et XVIIe siècles en France.

Ces décors peints constituent l’un des témoignages les plus importants de la peinture murale en France dans la seconde moitié du XVIe siècle et au début du XVIIe.

Une première campagne de décoration a été commandée vers 1550 par le commanditaire du château Antoine III de Clermont (1497-1579). De grands artistes Italiens de l’Ecole de Fontainebleau viendront décorer les appartements du Grand Seigneur en terre Bourguignonne. Attributions au Primatice, Nicolo dell’Abate, Ruggiero de Ruggieri…

Un décor peint sur le thème de l’Antiquité. Rarement autant de scènes antiquisantes et de grotesques italiennes ont été commandés pour une demeure privée à l’époque. Ces thèmes seront récurrents en France seulement à partir du XVIIe siècle. Une deuxième campagne de décoration commence vers 1590 à l’initiative du successeur et petit-fils Charles-Henry de Clermont-Tonnerre (1571-1640). Ces décors furent, pour un certain nombre, marqués sur le plan stylistique par les peintres appartenant à la seconde école de Fontainebleau. Attributions au Nicolas de Hoey, Philippe Quantin, André Ménassier…

D’autres décors peints se sont ajoutés à travers les siècles. Une campagne de décoration a été réalisée notamment au XIXème siècle par la famille Clermont-Tonnerre.

Meilleur Ouvrier de France : Hommage au XIXe siècle

Hommage en forme de reconnaissance à nos maîtres et à nos sources d’inspiration.

Parce que les styles et décors du 19eme siècle sont dévalorisés sans nuance, alors qu’ils présentent des merveilles d’ingéniosité et de virtuosité technique, mais aussi de fantaisie créative.

Certes, au 19eme siècle, sévit la mode de reproduction ou re-création des grands styles du passé (salle Charles X du Musée du Louvre, cathédrale de Clermont Ferrand, « grammaire des styles » d’Owen Jones).

On pourrait presque dire que le XIXe siècle est au peintre en décors ce que fut la Renaissance aux artistes et architectes, car c’est à cette époque que notre métier est devenu distinct des peintres de chevalet et que s’ouvrent les premières écoles spécialisées (ex : Ecole Van der Kelen, Bruxelles). C’est à cette époque que paraissent les « Grammaires des styles » de grands décorateurs (Percier & Fontaine, Owen Jones…. etc), livres et revues techniques spécialisés et autres illustrations très variés.

En vérité, souvent sans même le savoir, les peintres en décors d’aujourd’hui puisent leur inspiration dans les compositions, le répertoire et les techniques créés au 19eme siècle, davantage adaptés à leur type de clientèle, moins fastueuse que les princes des grands siècles.